Open Access et valorisation des publications scientifiques : les défis de l’Afrique francophone

Du 25 au 27 mai 2016, s’est tenu à l’Ecole Supérieure des Sciences et Techniques de l’Information et de la Communication (ESSTIC) de Yaoundé, un colloque international sur le thème : « Justice cognitive, science ouverte et valorisation des savoirs locaux  ». À cette occasion, la jeune leader de BSF Campus Niclaire Prudence Nkolo, également Coordinatrice Nationale du Programme EIFL-Open Access au Cameroun, a été sollicitée afin de partager son expertise du libre accès. Voici un retour de son expérience.

La participation d’une Jeune Leader Campus à un colloque international

Ce colloque initié par l’ESSTIC et le Projet SOHA, un collectif œuvrant pour la promotion de la science ouverte comme outil de développement, a pu voir le jour grâce à la collaboration de partenaires tels que l’Université de Laval au Canada ou encore l’Agence Universitaire de la Francophonie (AUF).

Le premier jour de ce colloque était ponctué de débats sur la thématique de la Justice cognitive, un concept visant la reconnaissance de la pluralité des savoirs dans le monde (savoirs scientifiques de différentes disciplines, savoirs politiques issus des mouvements sociaux, savoirs traditionnels, etc.). Le programme s’est par la suite concentré sur la problématique du « Libre accès aux publications scientifiques », où Niclaire Prudence Nkolo est intervenue après la présentation d’une autre leadeur de l’Open Access en Afrique, Prof. Diéyi Diouf, qui a partagé son expérience de cette thématique au Sénégal.

L’Open Access en Afrique en débat : des enjeux pour l’avenir 

Pour Niclaire Prudence Nkolo, l’Open Access est un concept qui se développe de plus en plus aujourd’hui grâce à l’implication d’acteurs tels que les  bibliothécaires, les chercheurs ou encore les pouvoirs publics. La diffusion des publications scientifiques en Open Access améliore nécessairement leur visibilité et assure une renommée internationale à leurs auteurs. C’est donc une démarche à valoriser pour faire progresser la recherche au niveau mondial !

Archives ouvertes, revues scientifiques électroniques, bibliothèques numériques ou encore blogs sont des moyens de valorisation des publications scientifiques désormais largement accessibles. Néanmoins, Niclaire Prudence Nkolo constate que leur utilisation est encore timide sur le continent africain et en particulier dans les pays d’Afrique  francophone. Les institutions universitaires locales ont donc intérêt à développer l’Open Access pour améliorer la conservation et la diffusion de la production scientifique locale à large échelle. Cette pratique contribuera également à valoriser l’excellence académique, à améliorer la qualité des enseignements et la reconnaissance des universités dans les classements mondiaux. Mais pour atteindre ce résultat, la mise en place de politiques nationales et institutionnelles d’Open Access est nécessaire.

Un bilan personnel très positif !

La participation de Niclaire Prudence Nkolo à ce colloque international lui a permis d’étendre son réseau en rencontrant d’autres experts internationaux de la thématique. Les interactions avec le public ont aussi été également source d’enrichissement :

« Les réactions du public étaient intéressantes et contributives ; les questions posées ont démontré l’intérêt du public pour le concept de l’Open Access au regard de ce qu’il peut apporter à notre continent et aux chercheurs en particulier. Des demandes de formation sur le libre accès ont été formulées et certains enseignants et étudiants chercheurs ont sollicité mon accompagnement  pour leur projet et veulent rejoindre le mouvement de l’Open Access que je pilote au Cameroun ».

En conclusion, cet événement a confirmé l’intérêt du public et l’importance du développement de l’Open Access sur le continent africain et dans le monde. Il a permis à un réseau de se tisser et a encouragé de nouveaux acteurs de la recherche à s’impliquer dans cette démarche !